Eric Aunoble, La révolution russe, une histoire française (résumé)

Eric Aunoble, La révolution russe, une histoire française : lectures et représentations depuis 1917, Paris, La Fabrique, 2016, 255 p., CHF 23.80.

Que représenta, en France, la Révolution russe de 1917 ? Comment les lectures de cet événement ont-elles évolué, muté, jusqu'à nos jours, et pour quelles raisons ? Question subsidiaire : un bilan de ces métamorphoses peut-il nous aider à surmonter notre impuissance actuelle face à un capitalisme décomplexé par la soi-disant "fin des idéologies" qui aurait accompagné la fin de l'URSS ?

Les modifications du contexte diplomatique et politique (« De l'alliance franco-russe ''trahie'' par les bolchéviks à l'alliance franco-soviétique prônée par de Gaulle, du Front populaire à la guerre froide ») ; l'accès aux sources historiques ; les parti-pris non seulement politiques mais aussi épistémologiques des historiens ; les parcours des acteurs et témoins de l'événements ; l'activité éditoriale du PCF et de l'édition généraliste ; tous ces éléments et d'autres, étudiés ici dans le détail de manière accessible, ont informé et déformé les manières de traiter cet événement, d'en souligner ou d'en négliger certains aspects. Nous essaierons ici d'en proposer un "résumé-collage" le moins imprécis possible mais bien sûr incomplet, tout en encourageant bien sûr fortement à la lecture de ce livre important.

L'ouvrage, croisant « un siècle d'histoire politique avec l'évolution historiographique [et] l'histoire culturelle », a donc la précieuse utilité d'objectiver un long débat traversé d'influences, d'erreurs, de tromperies intellectuelles, mais aussi d'avancées décisives dans la compréhension de l'événement, nous permettant finalement, un siècle après, d'approcher d'une meilleure compréhension de celui-ci...

...Qui est d'abord résumé dans un bref mais utile rappel chronologique allant de la manifestation de femmes « galvanis[ant] la contestation ouvrière » à l'origine de la révolution de février (chute des Romanov) ; en passant par l'éclosion de multiples organisations populaires qui est aussi un gigantesque foisonnement de revendications sociales et sociétales ; ainsi que la réponse inepte du gouvernement provisoire qui se forme à ce moment ; puis par la période qui suit la prise du pouvoir par les bolcheviks le 7 novembre et où ceux-ci sont confrontés à l'hostilité de l'establishment politique ; jusqu'à, pour finir, la guerre civile (où interviennent néanmoins toutes les grandes puissances étrangères) qui signifie une militarisation des luttes politiques et une désagrégation de la société, dans laquelle le parti « s'impose comme dernière institution solide » et l'emporte, mais au prix d'épisodes répressifs féroces (en particulier contre la révolte de Kronstadt) et d'un dévoiement des promesses émancipatrices de la révolution. « On pourrait soupirer, nous dit Eric Aunoble, sur l'inanité des révolutions, leur incapacité à instaurer le bonheur sur terre, si le nouveau régime ne restait pas marqué par l'influence plébéienne et si, pour cette raison même, la Russie soviétique n'était pas devenue le cœur de la contestation mondiale. Moscou est le siège de l'Internationale communiste depuis 1919 et, au sortir de la Première Guerre mondiale, une vague révolutionnaire balaye l'Europe ».

Cet événement a lieu en pleine alliance franco-russe, ce qui va en modeler les premières représentations dans le sens d'une « réaction vite teintée d'hostilité », y compris chez les socialistes de la SFIO qui s'étaient ralliés à l'Union sacrée en 1914 et se rassurent en se prononçant pour la douma plutôt que pour le soviet.

Victor Serge apporte quant à lui un témoignage nuancé et de première main retraçant une période bien plus large que la seule année 1917, mais son public est restreint. Trotsky publie L'avènement du Bolchévisme, mais l'intérêt du texte est restreint par sa préoccupation tendancieuse à glorifier la politique du Parti.

Quelques rares intellectuels, entre 1921 et 1939, mettent en avant le « temps long » des « contradictions sociales » à l'œuvre. D'autre commentateurs, engagés à l'extrême droite, proposent quant à eux des lieux communs complotistes teintés d'antisémitisme. Au vu des événements d'Italie naît également à cette époque l'ambiguë « comparaison communisme/fascisme promise à une belle postérité ». Ces écrits partagent « une vision fataliste de l'histoire », « considér[ant] que la révolution était inévitable, y compris dans ses pires conséquences, qu'elle résultât pour le chrétien du Mal ontologique ou, pour l'historien libéral au pessimisme tocquevillien, des tares du régime précédent ». Les historiens de gauche s'approprient quant à eux le sujet en le mettant en parallèle avec la Révolution française de façons fort diverses. Parmi ceux qui font connaître la révolution en y ayant participé, outre les écrits de Serge et de Trotsky paraissent les ouvrages des anarchistes Makhno et Archinov, ainsi que de Souvarine. Mais ils ne sont reçus que par les plus politisés, « assez marginaux car coincés entre une opinion majoritairement conservatrice et la montée du philosoviétisme ». Pour eux, malgré leurs différences et oppositions, « l'objectif d'un bouleversement social n'est pas récusé en illégitimité [et] la question de savoir si Octobre est une révolution ou un coup d'Etat ne se pose pas ».

De même, malgré leurs divergences, les différents courants de la gauche révolutionnaire partagent « une vraie unité d'analyse de la temporalité. Les anarchistes et les marxistes, à rebours de la révolution-bloc des modérés, découpent les événements de 1917 à 1921 en une série de révolutions et de contre-révolutions dont chacune décide de l'avenir de façon irréversible et engage les acteurs de façon militante ». On laissera le futur lecteur ou la future lectrice découvrir les divergences qui déchirent les uns et les autres à partir de ce socle commun !

Côté PCF, Octobre a évidemment été célébré et enseigné aux militants à travers un nombre respectable de publications, mais le rythme de celles-ci se modifie en fonction des réorientations tactiques ("bolchévisation" et "classes contre classes", puis "nationalisation") liées aux directives du Komintern. Les publications sont biographiques, politiques, historiques ou littéraires. Toutes proposent un point de vue convergeant sur la révolution russe : « On ne distingue plus guère la fiction et l'histoire : elles ressortent du même réalisme socialiste ». Quelques-unes de ces publications des éditions liées au PCF montrent toutefois de réelles qualités et comblent à l'époque des lacunes, mais le propos général du corpus reste mythifiant.

D'autres romans ou témoignages publiés hors du giron éditorial communiste, tels que L'année nue, de Pilniak, ou les Souvenirs d'un commissaire du peuple de Steinberg, dessinent toutefois « un tableau beaucoup plus complet que les productions savantes », restant toutefois incapable à l'époque d'avoir un effet sur les représentations de l'opinion publique précédemment construites par la propagande gouvernementale ou par la littérature édifiante. A l'opposé, une « vision nauséeuse » teintée d'une « culture de la peur et du ressentiment » est proposée en particulier par un auteur à succès : Joseph Kessel, dans des romans comme Makhno et sa juive... bien mal concurrencé par un V. Pozner lié au PCF qui propose une « vulgate stalinienne » dépeignant l'adversaire sous les traits de la cruauté sadique.

Avec la victoire des alliés de 1945 se dessine désormais un « philosoviétisme » qui marie antifascisme, poids du PCF et intérêts de l'Etat français. Côté PCF, « entre l'affirmation de l'URSS comme grande puissance et la prédominance d'une littérature exclusivement stalinienne, l'image de la révolution russe dans les milieux communistes tend à se dessécher ». La vision stalinienne et évolutionniste-déterministe de celle-ci s'insinue même au sein de l'université. Cette dernière voit à cette époque le champ de l'histoire dominé par la vision braudelienne : « Réédité douze fois jusqu'en 1980, le succès de L'Histoire de l'URSS de [Jean] Bruhat répond à une tendance historiographique de l'après-guerre. L'école des Annales gagne en puissance et elle préfère dégager les causes structurelles d'un événement plutôt que d'en suivre les aléas dans leur indécision. C'est prendre le risque de manquer la singularité du moment révolutionnaire ». Or les faits eux-mêmes n'étaient à cette époque pas encore suffisamment établis.

Malgré le philosoviétisme ambiant se profilent avec la guerre froide des officines anticommuniste qui diffusent en France l'analyse totalitarienne venue des Etats-Unis, grâce à « une surface médiatique prestigieuse mais restreinte accompagn[ant] un lobbying institutionnel intense qui se développe selon des réseaux bien dotés et imbriqués les uns aux autres ». Intellectuels conservateurs de renom comme Raymond Aron, spécialistes par ailleurs exilés russes, ex-communistes comme Boris Souvarine, auxquels il faut ajouter un certain nombre de personnalités d'extrême droite et d'anciens collaborateurs durant la Seconde Guerre devenus ensuite plus banalement « néoconservateurs », travaillent ensemble à défendre une vision opposant Février (légitimé) à Octobre (décrit comme un "coup de force" mené par des démagogues) dans des revues et collections dédiées entièrement à la question : « Les prises de position politiques leur semblent contingentes par rapport à l'impératif absolu de la lutte contre la main-mise communiste » et pour la « défense de l'ordre établi ». Avec peu de succès à l'époque. S'attaquant à la révolution et à l'URSS y compris depuis un point de vue marxiste, l'entreprise, à terme, a néanmoins un effet « dévastateur ».

En attendant, parmi d'autres productions culturelles contribuant à « apprivoiser » la révolution, un film comme Docteur Jivago propose sur les événements une vision rassurante car centriste, mêlant « couleur locale et morale du juste milieu », que l'auteur décrypte minutieusement pour la lectrice ou le lecteur.

Dans les années 60 a lieu un « renouveau de l'historiographie savante » sur la question, profitant notamment du dégel post-stalinien permettant de se rendre sur place et d'accéder à certaines sources. De cette historiographie « engagée, ouverte et pluraliste », sont soulignés en particulier les apports de Marc Ferro, historien qui rompt avec les versions, notamment celles de l'histoire militante, se focalisant trop sur le rôle du Parti et propose une histoire sociale de la révolution. Il est en effet amené à « observ[er] de l'intérieur les phénomènes de mobilisation populaire. Révolution du Travail contre le Capital, oui, mais qui se déroule dans l'enceinte fermée de l'usine : les ouvriers visent plus la prise en main de l'outil de production, dans lequel ils voient l'essence du pouvoir, que le renversement d'un gouvernement. [...] Cela a deux conséquences. D'une part, la politique bolchévique qui entend passer du "contrôle ouvrier" au "pouvoir des soviets" va dès 1917 à l'encontre des aspirations ouvrières, la liquidation de l'autogestion des comités d'usine en 1918 n'étant donc pas un virage. D'autre part, ces ouvriers en lutte sur leur lieu de travail participent en définitive peu aux manifestations. Grâce au cinéma d'actualité, Marc Ferro constate que ce sont les soldats qui occupent la rue et forment les unités d'assaut contre le pouvoir d'Etat ». L'historien retraduit ainsi le caractère de classe de la révolution, les « plébéiens en révolte » se définissant avant tout comme « travailleurs ». Ce faisant, « les constatations sociologiques de Marc Ferro, loin de masquer les clivages sociaux, permettent au contraire de retrouver les perceptions des acteurs de la révolution et leurs motivations à renverser l'ordre social ».

Il remet également en question l'idée que la bureaucratisation n'est que le fruit empoisonné du Parti, puisque « la bureaucratisation est au contraire consubstantielle au phénomène d'auto-organisation ». Des « organes populaires pratiqu[ant] également la terreur, sans avoir besoin d'une directive du Comité central du Parti, et leur conception du processus de décision est assez éloignée des canons de la démocratie, même "directe" ou "sauvage". Sur le fond d'une tradition de fonctionnarisme héritée du tsarisme, la rencontre de ces processus "d'en bas" avec un absolutisme et un bureaucratisme spécifiquement bolchéviques rend largement compte de l'évolution ultérieure du régime, sans faire appel à la notion de contre-révolution, qu'elle fût "communiste" ou "stalinienne" ». Bien que reconnus d'un point de vue académique, les ouvrages de Marc Ferro restent ostracisés de tous côtés pour raisons politiques, tant ils remettent en cause les doxas et les clichés.

A l'inverse, avec la traduction et la publication dans les années 1970 des écrits de Soljenitsyne, la France "découvre" à grand bruit le régime concentrationnaire soviétique, alors même que des écrits bien antérieurs avaient déjà fait le point sans tomber comme lui dans le travers de « libertés prises avec la réalité des faits et [d'une] analyse trop conspirationniste ». La littérature dissidente provoque des reniements spectaculaires, l'époque est à la condamnation plutôt qu'aux subtils distinguos. La figure de Lénine est prise pour cible, il incarne désormais à lui seul la révolution, sa pensée est codifiée au prix d'une déshistoricisation (ou « synchronisation ») qui permet de le charger de tous les maux du XXe siècle et sert de repoussoir pour un large spectre d'intellectuels. C'est un grand succès.

En refoulant l'importance d'une activité révolutionnaire des masses motivée par la question sociale, les interprétations conservatrices mettent en avant une lecture purement politique véhiculant l'idée du coup d'Etat planifié par une secte disciplinée de politiciens cyniques avides de pouvoir, lors même que les « controverses, nombreuses et âpres », étaient permanentes au sein du Parti (l'insistance insurrectionnelle de Lénine se voyant par exemple écartée à de nombreuses reprises) et, surtout, que le déroulement précis des événements de 1917 montre un processus révolutionnaire bien plus complexe, mettant en jeu de multiples acteurs, notamment des soviets de soldats, de paysans et d'ouvriers ; les défaillances et trahisons de la part du gouvernement provisoire ; une répression culminant dans une tentative de putsch militaire ; et surtout une expression foisonnante des aspirations populaires, « les bolchéviks étant la seule force organisée soutenant et s'impliquant dans cette contestation multiforme »).

Après la chute de l’URSS, François Furet s’en donne à coeur joie pour détruire l’idée même de communisme comme projet émancipateur et Stéphane Courtois dirige un Livre noir du communisme fortement promu et vendu. Et ce au prix de distorsions qu'Eric Aunoble relate fort à propos. Ainsi, même Nicolas Werth, dont les compétences d’historien et l’érudition ne sont pas mis en doute, dans son chapitre du Livre noir, conte l’année 1917 d’une façon à la fois talentueuse et d’autant plus tendancieuse au vu de son inscription dans ce projet éditorial, mais surtout en « n'instrui[sant] le dossier qu'à charge ». Aunoble poursuit l'analyse par la mise en évidence des présupposés libéraux qui guident la démonstration de Werth et en pointe les faiblesses dans l’interprétation du contexte russe de 1917 : « Faute de reconnaître le déchirement du tissu social et la volonté largement partagée à l’époque de trouver une solution radicale aux problèmes, Nicolas Werth en revient forcément au rôle de la "poignée de fanatiques disciplinés" ».

Avec Stéphane Courtois et son Livre noir, on voit bien à quel point les représentations de la révolution russe peuvent être indexées au débat politique français : « [Courtois] vise [en effet] moins le communisme soviétique déjà défunt qu’une "culture révolutionnaire" typiquement française et dont "beaucoup de gens n’arrivent pas à s’arracher". En ce sens, Courtois, l’ancien maoïste, poursuit bien l’oeuvre de Furet, l’ancien stalinien. Et par la volonté de brouiller les pistes idéologiques, il emprunte au Souvarine des années 1950-1960 ». Parvenant cette fois-ci à s’imposer directement dans l’opinion.

Si la réponse au Livre noir est décevante en France même (avec Le siècle des communismes), c’est d’Angleterre que l’historien marxiste Eric J. Hobsbawm propose une remise en contexte de la révolution russe, avec L’âge des extrêmes – Histoire du court XXe siècle : « Une "guerre de trente et un ans" déchire l’Europe jusqu’en 1945. Le bolchévisme est une réponse à la crise ouverte en 1914, réponse qui s’improvise dans le chaos russe de 1917 pour devenir une proposition de "révolution mondiale" dans le champ de ruines qu’est l’Europe en 1918. [...] En France, la réception [de son livre] est glaciale », du moins dans le monde médiatico-intellectuel. C’est pourtant un succès de librairie, qui « prouve l’existence d’un public qui attend autre chose qu’un Livre noir ».

C’est ensuite l’historien américain Arno J. Mayer qui offre une interprétation « totalement à rebours de Furet, Courtois et Werth, [rappelant] que la Terreur ne naît pas d’une idéologie mais de la déstabilisation de l’ordre social, dans une dialectique entre révolution et contre-révolution ».

Mais ces subtilités n’atteignent pas le grand public car les clichés ressassés du Livre noir l’emportent médiatiquement, ainsi que dans les programmes scolaires. L’accent plus récent de l’historiographie mis sur la violence et les victimes implique quant à lui, note avec justesse Aunoble, une « histoire qui connaît des causalités mais qui n’a plus de sens, même totalitarien ».

Pour finir, Eric Aunoble propose un panorama d’études récentes, malheureusement encore peu souvent traduites (une précieuse exception étant le livre de Rabinowitch, Les bolcheviks prennent le pouvoir, Paris, La Fabrique, 2016), qui posent et tentent de répondre à des questions faisant réellement avancer la compréhension de la révolution russe et du phénomène révolutionnaire en général. Car, comme il le rappelle : « La révolution russe a longtemps servi de modèle, de marche à suivre pour aller vers l’avenir radieux. Aujourd’hui, elle ne semble plus inspirer qu’une réflexion désabusée sur le Mal et ses victimes. Or l’histoire n’est ni un mode d’emploi ni une morale, mais avant tout une réflexion sur l’action humaine et ses modalités. Avec ces pistes de lecture et de recherche, il ne s’agit pas d’opposer les "bons" à des "méchants", ni d’ignorer les impasses souvent sanglantes où la révolution russe a pu se perdre, mais de rappeler que les hommes et les femmes font leur histoire ». Une histoire qui n'est donc pas achevée, que l'on parle de celle, encore en partie à écrire, de la révolution russe ou... de l'histoire tout court encore à faire !

Le livre d'Eric Aunoble offre donc une mise en contexte et une explicitation des multiples (distorsions de) représentations auxquelles fût et continue d'être soumise la Révolution russe, cette rupture au cours de laquelle les classes possédantes ont été - localement et provisoirement - défaites. Nous aidant peut-être ainsi à comprendre, parmi d'autres facteurs de la – provisoire ? - résignation populaire face à l'actuelle aggravation de la question sociale, le pourquoi de la fuite en avant peu résistible du capitalisme contemporain. Une compréhension plus juste de la révolution russe ne permettrait-elle pas de relégitimer l'action populaire et de redécouvrir l'envie de modifier le cours des choses dans une voie réellement émancipatrice ? YB

Eric Aunoble sera notre invité lors de la fête des 40 ans de la Librairie BASTA! le samedi 13 octobre 2018, qui mêlera réflexion intellectuelle et réjouissances musicales !

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