Alberto Garlini, Les noirs et les rouges

Alberto Garlini, Les noirs et les rouges, Gallimard, collection Folio policier, 2017, 920 pages, CHF 15.-.

Attention : ce polar est un chef d'oeuvre ! Il est vrai que les Italiens sont forts dans le genre. Est-ce dû à leur histoire particulièrement mouvementée et fratricide ? Le ton est juste, littérairement cela marche. A vrai dire, le titre français ne correspond ni tout à fait à l'original ("La loi de la haine"), ni exactement au récit puisqu'on suit exclusivement dans ce roman un jeune fasciste d'Udine, Stefano Guerra, dans et hors son clan.
Impliqué dans les troubles de 1968, il tue. A partir de ce fait, quelle suite donner à son engagement ? Si tout semble partir de là et qu'il assume son identité nouvelle de "soldat politique", son questionnement finit par remonter plus loin en arrière, vers son enfance.
Mais une réflexion indépendante peut-elle se frayer un chemin dans un esprit fanatisé ? Quelles sont les forces inconscientes qui le poussent dans sa fuite en avant ? Que peuvent les rencontres ? Y a-t-il un pouvoir rédempteur des livres, de la poésie ? Du voyage ?
Le lecteur suit ainsi, captivé sans problème le long des 900 pages que comptent le livre, ce parcours entre continuité et fissures, fidélités et complots, réalité et hallucination.
YB

Rubrique Critiques: