Critiques de livres

La lamentation du prépuce

La lamentation du prépuceShalom Auslander
La lamentation du prépuce
Belfond, 2008

D'abord, il y a ce nom incroyable : "Bienvenue Etranger", mélange d'hébreu et d'allemand. Et ce titre : annonce-t-il une sorte de virile logorrhée ? Commence la lecture et on est immergé tout entier dans les affres de ce jeune new-yorkais au délirant décalage. Comment un gamin peut-il se passer de bonbons (composés de gélatine d'origine porcine), de viande (de porc), de ballade au centre commercial le jour du shabbat (interdiction de passer une porte électronique ou un escalier roulant), etc., sans s'attirer les foudres de Yahvé ?

Les déférlantes

les déferlantesClaudie Gallay
Les déferlantes
Le Rouergue, 2008

C'est un univers aux courants profonds dont l'atmosphère est peuplée de mouettes et de secrets, nous sommes à la Hague. Ici Claudie Gallay est conteuse. Elle installe son suspense lentement, habilement, suggère l’intériorité des vies qu’elle anime par petites touches, tout en mystère, à l’image de ces villageois qu’elle nomme volontiers par ailleurs "les taiseux". C'est un voyage au creux d’une nature vibrante et magique, peuplée de personnages aux cœurs parfois lourds, souvent pleins de souffle.

Nullarbor

NullarborDavid Fauquemberg
Nullarbor
Hoëbeke, 2007

Si vous cherchez l'Australie des surfeurs, de la nature sauvage et des koalas, inutile de lire ce livre. Celle que David Fauquemberg nous présente est composée de gros motards tatoués et vindicatifs (surtout si tu oses t'approcher de leur sacro-sainte moto), de dockers maussades, de pêcheurs qui déchaînent leur hargne et leurs frustations sur les poissons. Le décor, c'est la plaine morne et brûlante de Nullarbor, sur la côte sud de l'île-continent ou l'océan déchaîné. La vie brute de gens sans fortune et n'ayant que leur force physique pour s'en sortir. On est loin de l'aventure et de la découverte. Mais le sens du livre est ailleurs.

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