Critiques de livres

La Fabrique de violence - Jan Guillou

La Fabrique de violence Jean GuillouJan Guillou
LA FABRIQUE DE VIOLENCE
Agone, Marseille, 2010
362 pages.

Erik se fait cogner par son père quotidiennement. Il développe, parce qu'il est impossible de faire autrement, toute une technique physique et mentale basée sur la perception des signes de la plus ou moins grande fureur paternelle, sur les façons de résister à la douleur et à la peur, sur les ruses d'évitement du pire. La douleur et la peur: ce sont les deux ingrédients de la violence. A l'extérieur, à l'école, Erik règne sur sa bande de potes grâce à sa maîtrise d'une violence qu'il connaît intimement, qu'il sait doser. Et que, finalement, il hait. Il l'emploie donc avec une certaine parcimonie.

Je n'irai pas ! - Eugène Cotte

Je n'irai pas ! - Eugène Cotte

Entre Neyruz et Denezy

Eugène Cotte, Je n'irai pas ! Mémoires d'un insoumis

Montreuil, La Ville brûle, 2016, 240 p. 22.-

 

En 1910, la population de Neyruz-sur-Moudon dépassait les 250 habitants, record historique. On construisait alors une nouvelle route vers Denezy, dans un relief compliqué. Eugène Cotte n’était pas le soldat qui rentre au pays, bien au contraire : c’était un insoumis français, anarchiste, qui vécut et travailla plus d’un an entre Neyruz et Denezy, sans doute sous un nom d’emprunt.

Paris, ville ouvrière - Maurizio Gribaudi

Paris, ville ouvrière - Maurizio Gribaudi

Maurizio Gribaudi, Paris, ville ouvrière. Une histoire occultée (1789-1848)

La Découverte, 2014, 444 p., CHF 46.20.

L’auteur commence par analyser les représentations projetées avant 1830 par les chroniqueurs et artistes bourgeois sur les quartiers populaires du centre parisien. Si le pittoresque tend alors à l’emporter, les clichés s’aggravent après la révolution de 1830 puis l’épidémie de choléra qui a lieu deux ans après : assimilées à leurs conditions de vie difficiles, ces populations sont dorénavant décrites comme des classes dangereuses et dépravées.

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