Au commencement, on trouve la surprise d’un petit garçon face aux larmes de ses aînés. «Oh, qu’est-ce qu’il ressemble à Shmiel!». Shmiel, le nom d’un grand oncle disparu quelque part à l’est de la Pologne vers 1941. Ensuite, il y a une bar-mitsva effectuée plus par conformisme social que véritable conviction qui va le pousser à interroger ses proches sur cette branche de la famille disparue, «tuée par les nazis». Le grand-père, conteur prolixe, est muet dès qu’on aborde le sujet. Enfin, s’élabore en 2001 un projet d’écriture pour le New York Times Magazine: un reportage à Bolechow sur les traces de Shmiel. Ce qui devait n’être qu’un article dans un journal s’est mué en un petit chef d’œuvre d’écriture maintenant disponible aux éditions Flammarion.